

Avec le soutien de :
République et Canton de Genève
Office Cantonal de la Culture et du Sport
Ainsi que des soutiens privés
ACCÈS AU QUESTIONNAIRE
(à partir du 30.10.23)
Conditions d’accueil et de rémunération
des artixstes visuellexs en Suisse
La rémunération des artistes visuels est un sujet difficile à aborder, parce qu'elle renvoie à une situation dont la précarité est généralement assez homogène, mais qu'une réflexion à ce sujet doit également faire place aux difficultés de financement que rencontrent certains lieux d'accueil et mettre en lumière les efforts et l'engagement dont font preuve certains d'entre eux pour les améliorer.
Avec ce projet, nous souhaitons à la fois participer à l'amélioration des conditions d'accueil des artixstes dans des lieux dont la politique nous paraît délétère, et donner une visibilité aux améliorations et aux pratiques d'accueil suffisamment bonnes que d'autres parviennent à offrir.
Pourquoi une étude avec des données anonymisées ?
Certains lieux d'accueil ne sont pas toujours disposés à payer les artistes pour leur travail ; il s'agit, souvent, de lieux importants à la fois économiquement et symboliquement. Les microstructures sont en effet souvent les premières à faire des efforts pour améliorer les rémunérations des artistes, alors que souvent les grands centres d'art privilégient les accueils internationaux au détriment des artistes locaux et considèrent que la visibilité qu'ils offrent constitue déjà une forme de rémunération.
Face à de grands centres d'art, propre à offrir une certaine légitimité aux artixstes accueilliexs, les craintes de mise à l'écart des programmations empêchent souvent les artistes et les structures qui les soutiennent de négocier, contrairement à d'autres domaines artistiques, tels les arts de la scène.
Le poids de l'information
Le public qui parcourt les expositions en Suisse ne se doute généralement pas que, souvent, l'artixste est peu ou pas rémunéréex lorsqu'iel expose pourtant dans un grand centre d'art, municipal ou cantonal, et qu'iel crée une oeuvre à cette occasion.
Il ne faut pas présupposer une attitude généralement malveillante des lieux d’exposition. Beaucoup font, en ce moment, des efforts pour améliorer leurs conditions d’accueil. Beaucoup, aussi, n’ont tout simplement pas conscience de l’ampleur du travail non-rémunéré qui est exigé des artixstes par leurs conditions d’accueil.
Toutefois, des situations abusives existent. Qu’un grand centre d’art public suisse n’accorde sur le budget d’une exposition individuelle financée par des mécènes (alors que ses frais de fonctionnement sont déjà garantis par un financement public annuel) que 3.13% à l’artixste en guise de rémunération, et pas plus de 10% à la production effective des œuvres, au moment même où il réserve une enveloppe de 7.5% du budget pour le seul vernissage et 17.5% à des frais de communication, devrait l’embarrasser.
Une seule condition rend ce type de politique possible : que cette information ne soit pas publique, peut-être même ignorée des mécènes, et que les lieux d’exposition puissent ne pas en prendre conscience.
Le risque que ce type d'information soit publiée est faible, puisque l’artixste n’est pas en mesure de parler, qu’iel est souvent isoléex, et que les collectifs ou groupements syndicaux sont pareillement embarrassés dans la mesure où chacunex de leurs membres dépend du champ artistique – leur action est généralement dirigée, alors, vers les pouvoirs publics, mais non vers les lieux d’exposition avec lesquels les artixstes doivent composer.
Une information bénéfique aux artixstes, aux pouvoirs publics et aux lieux d'accueil eux-mêmes
Nous avons élaboré un projet qui a plusieurs sous-objectifs, avec pour visée centrale l’amélioration des conditions de travail des artixstes visuellexs et la pérennisation de leur activité professionnelle. Il s’agit de mettre en place une documentation et une information sur les pratiques des lieux, à destination :
- des lieux eux-mêmes et de leurs pairs ;
- des artixstes ayant exposé ou susceptibles d’exposer dans ces lieux ;
- des pouvoirs publics, souvent sources de financement des lieux d’exposition ;
- des mécènes privés ;
- du public fréquentant ces lieux.
Il s'agit, d'abord, de collecter des données auprès d'artixstes, en garantissant le secret de nos sources. A cette fin, nous avons développé un questionnaire et un modèle de traitement des données et de présentation des résultats qui ne permet pas d'identifier, à rebours, les sources d'information.
Ce questionnaire, disponible en français, allemand, italien et anglais, fait appel tant à des critères objectifs (montants de rémunération ou de coproduction, temps de travail, exposition collective ou individuelle, type de lieu d'accueil, etc.) qu'à des critères subjectifs (qualité des contacts, accueil de l'artiste, suivi du projet, etc.).
Nous espérons pouvoir pérenniser le projet, ce qui permettra une étude de l'évolution de la situtation des artixstes visuellexs et media dans les années à venir.
Nous sommes ouverxtes à des collaborations ponctuelles avec des organisations professionnelles, mais souhaitons que ce projet demeure tout à fait indépendant, afin de ne pas mettre d'artixstes dans l'embarras. Les artixstes susceptibles de participer au projet (en tant que répondanxtes, mais aussi de manière plus active en diffusant le projet et le questionnaire auprès de leurs pairs, en nous informant de leurs situations, etc.) resteront anonymes. Les résultats sont publiés par Ars Longa / Agency. La direction exécutive en assume, seule, la responsabilité scientifique.
La première campagne de récolte de données débutera le 01.10.2023.
Elle portera sur des accueils d'artixstes entre le 01.01.2022 et le 31.12.2023.